Cette année la date avait été avancée au pont férié de début mai, perturbant même le chef dans les mails. Il fallait faire en 3 jours ce que nous avions déjà fait en 4 jours. Bien qu’ayant anticipé un peu, le boulot, les contre temps et imprévus j’arrive au point de chargement avec 2h de retard, pensant trouver presque à juste titre 2 grincheux, c’est deux copains souriants qui m’accueillent et m’aident. En moins de 20 mns le convoi s’élance. Le chauffeur connait son attelage, avec la remorque et les 3 motos il manie les 5tonnes avec souplesse, précision à des vitesses que je n’aurais pas pensé. Il y a tout le confort à bord, le café, sans Georges Clooney. Vers 18h30 il faut se rendre a l’évidence on ne rattrapera pas le chef parti plus tôt en voiture. Un bref espoir renaît lorsqu’il envoi en SMS« Mon tier pomme »…. !? Il fallait lire « moitié paumé ». Nous décidons de faire une pause sur une aire d’autoroute au milieu de tous ces transporteurs des pays de l’est, bloqués là.

Pas trop le temps de se lamenter sur ce triste spectacle, on mise d’arriver pour le café, en route notre chauffeur nous met un DVD lorsque la nuit tombe et que nous ne pouvons plus admirer les belles vallées traversées. Comme prévu, après avoir visité le lotissement nous sommes à destination avant 22h30. Nous sommes contents de retrouver toute la bande. Nadine partage les généreuses parts de gâteau puis le café avant d’aller se coucher une grosse journée nous attend.

Sylvain a gardé nos motos en dormant dans l’atelier, il a du s’adapter au cours de la nuit avec le froid, effectivement au matin la pelouse est gelée, nous qui venions dans le sud pour trouver du chaud.

Notre 11ème homme, Eric arrivera au milieu de la nuit avec Catherine, la Kindle et le chien. Frais comme un gardon au levé à 8h00.

9h15 nous faisons, pour la plupart connaissance avec un voisin de Daniel. On en a tous entendu parler, il paraît qu’il roule fort, il va nous guider dans le coin.

Stéphane : Comment dire, la trentaine, grand, maigre, la barbe entretenue et le foulard de corsaire dans les cheveux. Nous pourrons constater par la suite qu’il est plutôt taillé en « V », comme on dit dans les clubs de sports, quand nous c’est en « b » vue de profil. Disons que pour avoir les mêmes épaules il faut que je garde mon pare pierres sous le maillot. La moto orange semble s’étouffer à bas régime et prendre de la vie dans les tours. Le ton est donné.

Pas le temps de s’échauffer nous retrouvons avec plaisir les petits sous bois, pinèdes, virages serrés, racines affleurantes aussi piégeantes par temps sec que mouillé, les traces de motos et VTT.

Au fait, je souhaite garder la précision des lieux pour ne pas voir ces coins surexploités, les sourires des gens et leurs grands coucous devenir des grimaces et des signes de colère.

Comment ne pas être joyeux dans ce paysage, ici un berger qui déplace ses animaux, presque gêné d’avoir ralenti le groupe, court et porte la brebis d’un jour. Ne changez rien pour nous Monsieur, vous travaillez nous nous promenons. Ici les voitures s’arrêtent même sur une grande route pour ne pas couper notre groupe de motos. Combien de sourires, de bras qui nous saluent à s’en décrocher l’épaule ! En Périgord nous ne sommes pas en terres hostiles, bien sûr nous respectons aussi les lieux. Il n’y a pas grand monde sur les chemins. Un ou deux couples, un ou deux groupes, ah si ! Un VTT qui se croyait tout seul, pas le temps de le voir et content qu’il ne finisse pas dans nos guidons.

La gelée du matin a laissé place au soleil et à la poussière, les terres absorbantes sont blanches, jaunes, rouges, tourbeuses, idéales pour nos crampons. Une grimpette amuse les plus forts d’entre nous, je me donne en spectacle à chaque tentative échouée et brisant la monotonie des usagers de l’autoroute en dessous. Plus tard sous la ligne électrique ça ira mieux.

Midi sonnait, il fallait rentrer se restaurer, réparer une crevaison puis on n’allait pas louper un apéro en terrasse sous le soleil et une cuisse de canard confite. Repartir presque à l’heure ou certains prennent leur 4 heure n’était pas simple, surtout pour croquer de la poussière. Les 2 grands trouverons un spot avec grimpette pour seulement 3 d’entre nous tellement il fallait être fou ou fort, voir les deux, pour s’y lancer.

Au bout de 150 bornes à tenir le guidon nos articulations réclamaient le retour et la douche. Super journée, petite maintenance du matériel et apéro dehors mais le froid nous faisait prendre le repas en commun à l’intérieur. Didier a pu souffler toutes les bougies de son gâteau d’anniversaire. Eric nous propose d’utiliser un réseau social de partage de photos, Nadine ayant mitraillé à tout va sans que nous nous en rendions compte. Le premier inscrit deviendra administrateur, le plus nul de tout ce réseau.

Dimanche, la météo agricole réputée fiable du chef, annonce la pluie pour 18h, on ne traine pas pour partir, oubliant même de remettre de l’essence. Nous n’aurions pas connu celle ou nous avons fait le plein. Un décor de film Américain. Station d’un autre âge, isolée dans une clairière, loin du village, sur une route passagère. Le prix du carburant est plus cher que sur l’autoroute, il y a une pompe pour le mélange, une mamie, la serveuse, arrive avec le bloc note, il y a bien un mètre d’écart entre les plus grands du club et la taille de la mamie. Des images de Mad Max me reviennent.

Nous poursuivons jusqu’au resto, une grande tablée dressée par la patronne, une nana « d’par  t’cheu nous » nous attend, nous nous changeons pour être présentables. Le repas est fin, copieux avec des mets du coin, un vrai régal pour le prix d’un kebab chez nous. Le patron est sympa et marrant, nous entamerons un banc Bourguignon, joueur il aurait pu renverser du café sur nous.

En sortant nous découvrons le Périgord gris, plafond bas pluie forte et discontinue, au bout d’une heure les gants sont trempés, la pluie a traversé les bousons, nous roulons sans les masques car nous ne voyons rien à travers. Mes 2 compagnons de camping car rentrent par la route, le GPS de Daniel ne veut plus rien savoir, en essayant de remuer les pieds dans les bottes je sens bien qu’ils apprennent à nager !! Nous prenons un peu de bitume pour rentrer. Sans trop tarder nous retrouvons notre QG. Le chef mettra 3h à se réchauffer, douche, blouson dans la maison, 2 apéros suffiront à peine.

Nous regardons les vidéos de la camera embarquée avant un dernier bon repas et dodo bien mérité.

Lundi matin, nous quittons les Poyaudins en train de charger les motos sous la pluie. Nous garderons cette légère avance jusqu’à Limoges, ils nous doublerons peut être pas pressés de rentrer mais de rester le moins longtemps possible dans nos véhicules parfumés au Cabécou !!

Merci le Périgord, ses beaux chemins, paysages et ses habitants(es) pour ces bons moments.

 

Jacko

Betteravière 2017

Au départ, pour ceux habitant à l’est de la sortie, il faisait vraiment un sale temps, à décourager les plus mordus.
Mais la première sortie de l’année c’est un grand moment à ne pas louper.

Tout le monde arrive à l’heure, c’est bon signe, Jeremy ramasse sa moto qui avait décidé de descendre de la remorque sans l’aide de son proprio.
Comme d’hab. le super café, les croissants, le jus d’orange, tout ça bien au chaud, on serait bien resté une bonne partie de la matinée dans ce local.
Les organisateurs avaient envie de faire rouler leurs Sherko, le vent avait diminué, la pluie fine juste la pour mouiller la poussière.
Notre Régis a eu juste le temps de lever 1 ou 2 fois la roue avant de la Beta et de voir sa roue arrière crevée. On avait fait 5.5km.
L’assistance toujours au top nous fait un dépannage chrono. Même pas le temps de fumer une clope.
Nous repartons le terrain est gras à souhait, le temps pas si mal pour faire de la moto, on a connu pire. Les grands (>1.80m) nous avaient fait un nouveau parcours ou tout le monde prend du plaisir à rouler, nous retrouvons une écluse typique, belle et agréable. Le café chaud de l’assistance nous est proposé, nous découvrons sous le gant, la main archi gonflée de Régis, qui a merdé dans un demi tour presque à l’arrêt (j’espère que tu vas mieux) il décidera de se reposer l’après midi et de participer à l’assistance.
Nous avons juste de temps de prévenir notre Gégé qui avait pris le bon choix de venir nous rejoindre au resto. Fidèles à nos habitudes nous nous mettons à l’aise pour manger et surtout ne pas pourrir le resto.
Le repas fait saliver même 8 jours après : apéro, buffet d’entrées, blanquette de veau sans graillon, fromage dessert, café. Bravo le relais des motards de Coudroy
A la reprise je ne sais pas ce qu’ils avaient mis dans le café mais l’allure était un cran au dessus, bon faut dire que Sylvain, ouvreur, était dans son jardin, et qu’il avait la poignée de droite qui le chatouillait; Pour ralentir le groupe rien de tel qu’une petite plongée de KTM, on connait la recette, moto le long de l’arbre, bougie ôtée, essorage du filtre à air, 200 coups de kick, mais la bête est solide et ça repart….Bon y’en a un aussi qui roule à plat depuis 5 km donc on redemande un dépannage aux petits oignons à notre assistance, la chambre à air pour l’avant ira très bien à l’arrière et ça repart. Les kilomètres s’accumulent, les traits

sont tirés, les fourmis arrivent dans les bras, un petit coup d’œil sur le compteur me fait penser au réservoir qui doit pas être loin du niveau bas. Bonne pioche Julien passe en réserve. La nuit commence à tomber, les ouvreurs nous ramènent vers les voitures.

Au total, 144km, une belle sortie club sur un terrain parfait et une météo clémente. Les plus pressés prennent le chemin du retour, les autres se dirigent vers un apéritif bien mérité.
Les filles nous on montrés tous leurs talents culinaires, cake au thon avant de s’attaquer à des terrines faites maison, une tuerie. Lorsque nous passons à table une super tartiflette, 2 fois 10 kilos à se partager, super délicieuse, en Savoie j’en ai pas toujours mangé des aussi bonnes. Pas loin de minuit, il faut rentrer, je mets le nez dehors, notre président raccroche au bout de 50m sa moto sur la remorque, elle n’avait pas envie de quitter les terres betteravières, nous non plus d’ailleurs.

Merci les gars
Merci les filles
Merci l’assistance.
Une belle betteravière 2017.

Jacko

PS

Pour la petite histoire, le temps de descendre à la station de lavage, à 7km, car au bout de 48h la boue du Loiret se polymérise au plastique et à l’acier…..Re crevaison à l’arrière !!! En remontant panne d’essence, obligé de passer en réserve. Une belle fin de Betteravière !